Création d’un corps de psychologues… « Qui va piano….va piano… »

Depuis près d’un an, le SNEPAP-FSU et le SNPES-PJJ-FSU, les deux organisations les plus représentatives pour les psychologues du Ministère de la Justice, attirent régulièrement l’attention de l’administration sur la nécessité d’avancer sur la création d’un corps de psychologues de l’administration pénitentiaire ou, à défaut, d’un corps ministériel qui soit respectueux des spécificités de leurs missions. Pour rappel, s’il existe un corps de psychologues à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, il n’en est rien au sein de l’administration pénitentiaire. Cette dernière emploie ainsi l’intégralité de ses psychologues par voie contractuelle, sur fond d’arbitraire, avec des contrats pour le moins hétéroclites et des perspectives d’évolution proches du néant. De fait, ces personnels sont laissés sur le bord de la route dans le cadre du dispositif de titularisation des agents non titulaires prévu par la loi de mars 2012, dite loi « Sauvadet », et assistent à l’ouverture progressive des concours réservés…pour les autres personnels contractuels.

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Lassés d’être systématiquement mis en attente, il nous a fallu hausser le ton lors d’une rencontre bilatérale au Secrétariat Général du Ministère de la Justice, mardi 21 janvier, et maintenir la pression, le lendemain, dans le cadre de la réunion multilatérale du Comité de suivi ministériel du dispositif « Sauvadet ».

Ainsi, il nous a été annoncé que le projet de création d’un corps de psychologues serait soumis aux organisations syndicales avant la fin du trimestre ! Corps ministériel articulé autour de la prise en charge des publics sous main de justice majeurs, mineurs et de l’accompagnement des personnels, ou corps interministériel géré par le Ministère de la Justice (format CIGEM) : la question ne serait toujours pas tranchée. Nous avons indiqué à nos interlocuteurs qu’il serait inacceptable de se retrouver, comme de coutume, confrontés à un dossier déjà ficelé. Le Secrétariat Général nous a répondu qu’il n’en serait rien puisque le projet de texte serait très prochainement soumis aux organisations professionnelles, avant même d’être transmis pour validation à la Direction Générale de l’Administration de la Fonction Publique…

Si le dossier avance aussi lentement nous dit-on, c’est notamment parce que les directions centrales ont pris le temps d’identifier les missions des psychologues, chacune de ces directions ayant à cœur de préserver sa spécificité… Cela tombe bien, les personnels aussi. Or lorsque « l’identification de ces missions » est questionnée, il apparaît en fait que la différenciation repose sur les trois axes de spécialisation évoqués depuis des mois… Nous pouvons dès lors nous demander pourquoi il a fallu attendre près d’un an pour conclure qu’un corps ministériel de psychologues pourrait s’articuler autour des publics majeurs, mineurs, et des personnels… Sommes nous paranoïaques lorsque nous caressons l’idée que l’administration cherche en réalité à gagner du temps pour des raisons budgétaires ?

Le Secrétariat Général évoque la possibilité d’une ouverture d’un concours réservé aux psychologues avant la fin de l’année…encore faudrait-il que l’administration s’active !

Depuis le mois de février 2013, la direction de l’administration pénitentiaire est placée sous les feux de l’actualité avec la réflexion sur l’évaluation des publics et les méthodologies d’intervention, des établissements pénitentiaires sous tension, des incidents majeurs générant une mobilisation accrue des psychologues du personnel, l’arrivée des premiers psychologues dans les SPIP… Les psychologues sont des acteurs incontournables au sein de notre administration. Il est désormais temps de les reconnaître en tant que tels avec un statut, des garanties d’équité dans la gestion de leur situation, une rémunération décente et des perspectives d’évolution !

Les interrogations des psychologues des personnels, des psychologues PEP et CNE se multiplient, le déploiement des psychologues dans les SPIP est chaotique : il est plus que temps d’engager une véritable réflexion sur les missions et la doctrine d’emploi des psychologues de l’administration pénitentiaire, et cette réflexion devra s’engager avec eux !
Paris, le 23 janvier 2014

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